I Danse l’ombre « Il peut y avoir femme couleur d’homme, et homme couleur de femme. » Jacques Lacan I Ma maison, l’hiver, est dans l’ombre. C’est pourquoi je l’ai appelée « Danse l’ombre ». Parce qu’il y a bien des mois chaque année, entre les deux équinoxes...
Lire la suiteLes silences de Tournelâme Fraîchardie I Sur la route entre Serres et Nyons, il y a, après L’Epine, Ribeyret et Moydans, un beau village qui s’appelle Rosans. Un village perché, loin de la route, et silencieux. Apparemment silencieux. En tout cas, un...
Lire la suiteTHÉORIE DE ROMAN D’AMOUR L’écriture, c’est quand un texte manque qu’elle commence. Il n’est pas là tu le désires. Et tu l’écris, ou plutôt, il se crie, s’écrit en toi. A-t-il été donné déjà tu ne sais pas mais tu en as besoin. Alors tu vas à sa recherche,...
Lire la suiteIX Climat. Tu erres dans des mots que tu ne connais pas. Toutes ces peaux collectionnées ne t’aident pas. Circonspect, circonscris, déchiré de nouveau. Tiré de l’univers fermé qui te permettait d’être. Ces peaux-là c’est ta mue. A nouveau nu, au froid...
Lire la suiteVIII Quand Yue Ling est arrivé dans la communauté (c’était longtemps après), il voulut tout d’abord rester seul. C’était un jeune homme frêle. Il lui fallut, d’abord, s’habituer à l’épaisseur de l’air de Lure. Il est resté dans le parloir, entouré de...
Lire la suiteVII Un repentir. Un repartir. Ne me demandez pas qui m’a vomi de l’Ecrier, comment j’ai fait je ne sais pas, mais ma deuxième vie commence ailleurs que là, de l’autre côté de la terre, à Lure, au pied de la montagne de ce nom, à son sommet, sur l’un de...
Lire la suiteVI Sur l’Ecrier il y a tellement d’incertain, de mouvant, maintenant j’y titube. Le sol à chaque pas manque. La vie boîte. Il y pousse des voix végétales, des filets de voix souples enracinées à ce moteur. Non ! Elles sourdent ces voix d’en-deçà de la...
Lire la suiteV J’ai compris là que tout m’était permis. Si j’étais à bord de l’Ecrier seul maître c’est que Dieu, en moi, était mort. Dieu oui, mais pas mon Second, Minos, celui aux yeux de braise sombre à qui je n’avais jamais dit non. Son regard transperçait les...
Lire la suiteIV J’étais rentré dans ma cabine, subjugué par ce chant. On entendait mugir le vent de l’intérieur du bâtiment. Son timbre de cristal couvrait la rumeur grave des moteurs. Je n’avais pas encore osé aller dans la cabine d’Othello, toujours fermée à clef....
Lire la suiteIII Mais je dois vous parler d’Othello, mon Second, noir et beau, grand, si bien découplé, l’Aimé, le préféré de tous mes matelots. Le plus beau de mes anges ! Je l’aimais tant mon Othello et il m’aimait aussi, nous étions frères. S’il lui est arrivé...
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