• Roman d'amour première partie, épilogue

     

    EPILOGUE

     

                Il faut bien que du temps se passe puisque l’instant d’un mot succède au précédent. Ta Georgia et tes autres tu ne peux pas les garder là, immobiles dans leur mouvement, comme pourrait le faire un peintre. Ils vont et tu les fais aller que tu le veuilles ou non. Chaque mot pour les peindre au lieu de les fixer fait qu’ils bougent, s’échappent, et tu les vois danser. C’est comme dans la vie : ils grandissent ou ils s’amenuisent et cela t’amuse ou t’ennuie. Tu sais trop bien où ça vous fait aller le temps, pendant que tu le passes à raconter, ton cœur bat lui aussi et ton poème c’est un peu de chair de toi-même. Tes personnages tu les as fait naître, ils vont et tu vas les faner de trop les regarder croître. Il vaudrait mieux les laisser là si tu les aimes, t’en détourner avant d’y dessiner des rides et de les perdre. Comme ils sont ils sont bien, épanouis comme il convient, tout à la pointe d’eux-mêmes. Fleuris comme roses ouvertes. Fais de ça l’instantané final sur lequel tu pourras rester. Mauron broyé, son secret avec lui dissous, et eux, tremblants tous trois de trop se désirer. Le mieux serait de laisser autour d’eux ce creux ; autour de leur Terre Promise ce mystère (et Mauron t’aurait dit qu’il y a « taire » et terre dans mystère). Et qu’ils s’y meuvent seuls et loin de ton regret, qu’il y ait entre eux et toi ce jeu, ce vide après le plein, ce blanc et cet effacement discret, presque indistinct, à peine ébauché, qui fait qu’ils resteront vivants.

     

     

     

    FIN

     

     

     

     


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